Tout comprendre sur l’herpès génital

L’herpès génital est une maladie très contagieuse qui persiste à vie malgré les traitements. C’est une infection sexuellement transmissible causée par un virus très dangereux. La plupart des personnes n’ayant pas de symptômes, le dépistage se fait donc très tardivement et les complications sont sans répit. Il est alors crucial de connaître cette maladie afin de mieux s’en sortir. Voici donc les causes, mode de transmission, traitement et autres informations indispensables à savoir sur cette maladie.

Explication

L’herpès génital est classé à la quatrième position des maladies sexuellement transmissibles les plus graves. D’après les estimations de l’OMS, elle touche environ 67% de la population mondiale et les chiffres montrent que les femmes sont plus touchées que les hommes. La maladie sévit chez les personnes âgées de moins de 50ans dans le monde entier.

En Afrique, 350 millions d’hommes et 350 millions de femmes souffraient de cette maladie en 2012. À la même époque en Europe, 207 millions de femmes et 187 millions d’hommes étaient contaminés. En Asie du Sud, ce sont 800 millions de personnes de sexes confondus qui ont souffert de l’herpès génital. Face à cette situation, les pays devraient améliorer leur système de collecte de données par rapport à la maladie. Cela permettra de mieux suivre son impact et de trouver des solutions adéquates pour minimiser le nombre de contaminations.

Les causes de l’herpès génital

Deux virus dangereux sont à la base de l’herpès génital. Il s’agit du virus Herpes simplex de type 1 nommé (HSV-1) et le virus Herpes simplex de type 2 nommé (HSV-2). Ceux-ci entrent dans le corps par le biais de lésions microscopiques présentes sous la peau. La maladie se transmet, quelle que soit la pratique sexuelle si les rapports ne sont pas protégés par un préservatif. Ces conséquences peuvent être dramatiques sur les nouveau-nés. Une poussée d’herpès lors d’un accouchement peut imposer une césarienne.

Transmission

On vous dira que l’herpès génital se transmet par voie sexuelle, mais il y a lieu d’apporter quelques précisions. En effet, le virus HSV-1 se transmet surtout par contact avec des muqueuses infectées. Il est responsable du bouton de fièvre ou herpès labial. Le second virus HSV-2 se transmet exclusivement par voie sexuelle pendant les contacts cutanés. Mais on remarque que jusqu’à 140 millions de personnes sont contaminées par HSV-1. Cela se produit surtout dans les pays d’Amérique et d’Europe où la pauvreté sévit.

Cette situation est due à l’hygiène insuffisante dans certaines zones qui conduit à l’infection des individus pendant leur enfance. Dans les pays à revenu élevés, l’herpès génital se contracte moins lorsqu’une bonne hygiène est respectée. Cependant, le risque est toujours présent dès que commence l’activité sexuelle.

Le risque de transmission est plus élevé au début de la maladie lorsque la personne infectée ne présente pas de symptômes apparents. À ce stade, les vésicules sont présentes et le liquide qu’elles contiennent renferme une grande quantité de virus. Il se propage facilement avec ou sans pénétration lors des rapports sexuels.

Symptômes de l’herpès génital

60% des personnes atteintes de l’herpès génital ne savent pas qu’elles sont infectées et ne présentent pas de symptôme. 20% présentent des symptômes, mais ne savent pas qu’il s’agit de l’herpès génital. Seulement une minorité a conscience du diagnostic et du danger auquel ils devront faire face. Après l’infection, le virus reste dans le corps et se manifeste sous la forme de poussées.

La primo-infection commence dès la pénétration du virus dans le corps c’est-à-dire dès le contact avec un partenaire infecté. Il débute entre 7 et 21 jours après l’infection et se révèle généralement asymptomatique. Chez l’homme, on note une inflammation du gland, du prépuce et de l’urètre. Chez la femme, tout le système génital peut être atteint. On notera une inflammation :

  • du vagin ;
  • de la vulve ;
  • du méat urinaire et même du col utérin.

La région anale peut être aussi affectée chez l’homme comme chez la femme. La fièvre, la fatigue et un malaise général sont également enregistrés. Il faut noter que les symptômes peuvent être plus graves et durer plus longtemps si le système immunitaire est affaibli.

Enfin, lorsque l’herpès génital s’implante beaucoup plus, la personne infectée souffre d’éruption cutanée accompagnée de démangeaisons et de brulures qui disparaissent plus ou moins vite. Deux jours plus tard, plusieurs vésicules apparaissent au niveau des endroits infectés. Elles prennent l’apparence de bulles contenant un liquide transparent. Quelques jours après, les vésicules laissent place à des lésions douloureuses qui produisent un liquide qui coule lentement. Enfin, des croûtes signaleront la fin de la crise herpétique qui dure environ 8 jours.

Après la crise, jusqu’à 70 % de patients ne souffrent plus des symptômes de l’herpès génital. Mais le virus reste latent au niveau des ganglions nerveux. Il peut se réactiver à la faveur :

  • d’une immunodépression ;
  • du stress,
  • des menstruations,
  • la grippe
  • ou d’une autre infection.

Pendant la récidive, le virus revient à la surface de la peau et crée des lésions. Les récidives se manifestent sous forme de vésicules qui apparaissent un peu partout sur le corps en particulier au niveau des parties génitales. Il est possible d’anticiper une récidive grâce à la douleur locale ressentie au préalable avant l’apparition des lésions.

Les récidives sont plus fréquentes si la primo-infection a été sévère. Toutefois, elles ont tendance à disparaitre avec le temps. Il existe aussi des réactivations silencieuses pendant lesquelles, le virus est réactivé, mais ne se manifeste pas. Cela se remarque plus chez les femmes touchées par le HVS-2. Dans des cas rares, mais graves, la maladie peut causer une inflammation du cerveau ou une méningite. Il peut impliquer l’apparition de l’herpès oculaire qui peut conduire à la cécité.

Dépistage de herpès génital

Le dépistage de l’herpès génital n’est possible que si le porteur présente des symptômes. Dans le cas contraire, c’est en général lors des complications que les personnes infectées savent qu’elles ont un problème de santé. Par ailleurs, les personnes atteintes de l’herpès génital sont beaucoup plus exposées aux maladies sexuellement transmissibles comme le VIH Sida, la gonococcie ou encore les chlamydioses.

Dès les premiers signes, vous devez consulter un médecin sans délai. Le diagnostic sera effectué par prélèvement local avec un coton-tige. Pour avoir de bons résultats, le traitement doit être pris le plus vite possible.

Traitement

L’herpès génital peut avoir des conséquences graves sur la vie intime. Elle peut empêcher les relations sexuelles lorsque le partenaire n’est pas compréhensif. C’est une maladie qui diminue l’estime que le patient a de lui-même et conduit à une dépression. Le stress, l’embarras de parler de la maladie, la crainte de le transmettre sont autant de difficultés psychologiques que vivent les porteurs.

Quel que soit le traitement effectué, les virus responsables de l’herpès génital persistent à vie dans l’organisme de la personne atteinte. Les traitements existants ne permettent pas d’enrayer la maladie. Ils servent juste à stopper la crise, les virus demeurant dans les ganglions dans un état de latence.

Le traitement contre l’herpès génital consiste à prendre des antiviraux par voie systémique. Il peut s’agir d’une administration par voie orale de comprimé ou de solutions buvables. Il s’agit de l’Aciclovir (ZOVIRAX®) : cp à 200mg, crème à 5 % et le Valaciclovir (ZELITREX®) : cp à 500 mg.On peut les associer à des médicaments antalgiques pour diminuer la douleur. Il existe bien sûr des antiviraux destinés à un traitement local, mais leur efficacité n’est pas prouvée.

Il n’est pas rare de faire face à des cas de récidives fréquentes. Les récidives peuvent arriver jusqu’à 6 fois par an. Dans ces cas, il est judicieux de faire un traitement en continu pour espacer les fréquences. Le traitement est généralement bien toléré par le corps. Cependant, il est nécessaire de consulter un médecin pour savoir comment le corps réagit. Pour traiter les douleurs généralement intenses lors des récidives, il est possible d’appliquer un gel à base de triglycérides oxydés comme Clareva. Ce produit soulage non seulement la douleur, mais permet également une cicatrisation rapide.

Prévention de l’herpès génital

Selon le docteur Dr Marleen Temmerman, l’accès à l’éducation sexuelle est crucial pour protéger les jeunes contre cette maladie. Des sensibilisations pertinentes sur l’herpès génital et les maladies sexuellement transmissibles devraient être effectuées dès le début de la puberté. Les jeunes devraient être informés avant de commencer leur vie sexuelle ou ils seront condamnés à héberger des virus comme ceux de l‘herpès et du VIH/Sida pendant toute leur vie.

En sachant que 12% de personnes indemnes sont infectées, le plus important sera de se protéger pendant les rapports sexuels et de se faire dépister avant d’entamer une relation. Ainsi, le risque de transmission sera moindre. Il faut aussi éviter les rapports sexuels pendant les poussées ou pendant le traitement. Si l’herpès génital affecte vos lèvres, il faut à tout prix éviter les contacts bucco-génitaux. Lavez-vous toujours les mains avec un savon antibactérien chaque fois que vous toucherez vos lèvres.

Les femmes enceintes doivent signaler leur antécédent d’herpès génital dès le début de la grossesse. Ainsi, elles pourront obtenir un traitement préalable avant même l’accouchement. Cela est idéal pour diminuer les risques d’infection de l’enfant. Pendant l’accouchement, d’autres précautions indispensables seront également prises pour protéger le bébé.

Il est indispensable de nettoyer les lésions à l’eau et au savon. Éliminez l’utilisation de produits irritants, car ils pourraient aggraver les douleurs et les écoulements. Pour votre confort, portez des vêtements amples qui ne retiendront pas l’humidité. Les vêtements en coton sont parfaits pour cela. En outre, ne partagez pas votre linge de toilette avec quelqu’un d’autre. Buvez beaucoup d’eau pour soulager les brûlures. Enfin, n’hésitez pas à en parler sérieusement avec votre partenaire.

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