Mieux comprendre la chlamydiose, ses causes et son traitement

Les infections sexuellement transmissibles explosent en France. En tête, la chlamydiose va de pair avec la gonococcie et sévit essentiellement chez les moins de 25 ans. Si cette maladie peut se développer en l’absence de tout symptôme, elle peut quand même être dépistée à temps et traitée efficacement. Voici tout ce qu’il faut savoir sur la chlamydiose.

Explication

En 2016, les laboratoires en métropole et dans les territoires d’outre-mer ont diagnostiqué plus de 265000 cas de chlamydiose. En 2012, les chiffres étaient de 77 000 cas ce qui montre une haute multiplication de la maladie malgré les sensibilisations. Cette maladie qui passe souvent incognito est très lourde en conséquence quel que soit le sexe ou l’âge de l’individu. D’ailleurs, elle se recense surtout les femmes âgées de 20 à 24ans.

En général, la maladie se diagnostique sur les jeunes sexuellement actifs à partir de 15 ans. Dans cette catégorie de personnes, 88% des cas proviennent de personnes hétérosexuelles. Dans une population de 100 000 habitants, 1700 personnes au moins souffrent de chlamydiose.

Causes

Cette maladie est causée par une bactérie appartenant à la famille des Chlamydiae. Il existe donc plusieurs types de bactéries de ce genre, mais c’est la « Chlamydia trachomatis » qui est fréquemment est responsable des maladies sexuellement transmissibles. C’est une bactérie hautement pathogène dont le sérovar L entraîne la lymphogranulomatose vénérienne (LGV) ou maladie de Nicolas-Favre.

Il s’agit d’une autre forme de chlamydiose que l’on note surtout auprès des voyageurs dans les zones tropicales. Il se présente sous forme d’infection du rectum et de l’anus et se diagnostique en majorité chez les hommes homosexuels.

Le mode de transmission

La bactérie « Chlamydia trachomatis » se transmet lors des rapports sexuels non protégés. On la contracte par pénétration vaginale, buccale ou anale. Elle se transmet par contact direct, c’est-à-dire que même en l’absence de pénétration, il peut y avoir contamination par contact avec les secrétions et les muqueuses des personnes infectées. Les personnes à risques sont celles qui ont plusieurs partenaires sexuels, les prostituées et les personnes qui travaillent dans l’industrie pornographique.

La chlamydiose peut également être transmise lors de l’accouchement. Elle provoque alors des conjonctivites et des pneumonies aiguës chez le futur bébé. En raison de la nature asymptomatique de cette affection, le dépistage se fait tardivement. Néanmoins, certains signes peuvent vous indiquer la présence de chlamydia dans votre organisme.

Symptômes de l’affection

Les symptômes diffèrent selon que le patient soit un homme ou une femme. Les cas de complications peuvent être observés si la maladie n’est pas traitée à temps.

Chez la femme

La chlamydiose se traduit par des douleurs au bas ventre, des pertes colorées ou non, malodorantes ou pas. On peut aussi ressentir des douleurs pendant l’urine et un col utérin douloureux. Il est possible de saigner au contact du col. La complication majeure chez la femme est l’inflammation des trompes utérines. Encore appelée salpingite, cette affection peut causer des grossesses extra-utérines et la stérilité.

La maladie due au Chlamydia se caractérise aussi par des douleurs pelviennes chroniques ou aiguës. On note alors une sensation de lourdeur du bas ventre et des douleurs qui s’intensifient après les rapports sexuels. La salpingite est également à l’origine des pertes sales et d’une fièvre discrète. Dans certains cas de chlamydiose, on enregistre des saignements en dehors des menstruations, des écoulements anormaux par l’anus et des infections de la gorge.

Chez l’homme

La maladie se remarque à travers des brûlures urinaires dues à une urétrite. L’épididyme peut être touché et cela causera une inflammation du canal spermatique dans les testicules. Une infection de la zone de l’anus pourra être suivie de démangeaisons et d’envies constantes (parfois fausses) d’aller à la selle. Enfin, le patient peut souffrir d’infections pharyngées sans symptôme.

Que ce soit chez l’homme ou la femme, certains cas complexes donnent lieu à des complications loco-régionales qui impliquent l’apparition de rhumatisme et de lésion cutanée. En dehors des infections uro-génitales et oculaires, la Lymphogranulomatose vénérienne favorise l’apparition d’un chancre au niveau de chaque point d’inoculation. Il s’en suit une adénopathie ou poly adénopathie du canal inguinal. Cela se traduit par un gonflement des ganglions pouvant conduire à une fistulisation.

Dépistage de la chlamydiose

Le dépistage est indispensable pour établir un diagnostic. Il est primordial de le faire après un rapport à risque pour déterminer la maladie à temps. Il est simple, sans douleur et se fait sur le premier jet d’urine après 4h sans miction. Le dépistage peut également être effectué chez la femme grâce à un prélèvement vaginal. Cela se produit au cours d’un examen au spéculum. Chez l’homme, il s’agira de faire un prélèvement urétral, un prélèvement dans la gorge ou dans l’anus.

Il faut savoir que les meilleurs diagnostics reposent sur le PCR, une amplification des acides nucléiques qui permet un diagnostic rapide des maladies infectieuses. Pour obtenir des résultats fiables, le mieux est de s’orienter vers un médecin gynécologue ou vénérologue qui indiquera un laboratoire. Le dépistage se fait également dans les centres gratuits d’informations, les GeGiDD.

test chlamydia

Traitement

La phase d’incubation de la chlamydiose dure entre7 et 10 jours. Celle de la LGV peut durer jusqu’à 30 jours sans montrer de symptômes. Il est donc capital de se traiter au plus vite pour ne pas avoir de mauvaises surprises. Le traitement au premier degré est adapté dans les cas où l’évolution de la maladie n’est pas grave. Dans ces cas, un traitement antibiotique est suffisant.

Généralement, on administre, l’Azithromycine en dose unique de 1 gramme par voie orale. Le Doxycycline est également un excellent antibiotique et antibactérien capable de venir à bout d’une chlamydiose. Cependant, le traitement avec le Doxycycline peut être long, car il s’étend sur une durée à allant de 10 jours à 4 semaines. En cas de complication, les médicaments ne seront plus suffisants : une chirurgie devra être effectuée sans délai.

Prévention

Après un traitement approprié, la personne infectée n’est plus contaminante. Toutefois, cela n’empêche pas une nouvelle contamination. Il est donc recommandé de suggérer un dépistage et un traitement pour les partenaires sexuels fréquentés dans les deux derniers mois.

En outre, il n’y a pas de vaccins contre cette maladie. Le préservatif est le meilleur moyen pour éviter la chlamydiose. On le préfère en latex pour une meilleure protection. Par ailleurs, il est conseillé aux femmes enceintes de se faire obligatoirement traiter avant l’accouchement. De plus, il faut prévenir d’autres maladies sexuellement transmissibles en combinant le dépistage de la chlamydia avec celles du VIH, de l’l’hépatite ou de la gonococcie.

Envoyer un message