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Papillomavirus chez l’homme : symptômes, transmission et vaccin

8 novembre 20266 min de lecturePar la rédaction

Flacon de vaccin fermé sur une table de cabinet médical vide

Le papillomavirus évoque d’abord le cancer du col de l’utérus, ce qui laisse penser qu’il ne concerne que les femmes. Le papillomavirus chez l’homme existe pourtant bien : c’est une famille de virus très répandue, qui passe le plus souvent sans le moindre signe, et dont l’absence de symptôme ne prouve en rien l’absence de virus. Quelques verrues, ou rien du tout : le tableau habituel complique à la fois le repérage et la prévention, et la vaccination des garçons reste encore peu connue.

En bref

  • Chez l’homme, l’infection par le papillomavirus (HPV) ne provoque le plus souvent aucun symptôme ; quand elle se manifeste, c’est par des condylomes, des verrues génitales bénignes sur le pénis, le scrotum ou l’anus, qui apparaissent une à huit semaines après le rapport contaminant.
  • Le virus se transmet quasiment exclusivement par contact sexuel, avec ou sans pénétration ; 80 % des hommes et des femmes sont infectés à un moment de leur vie, et l’infection guérit le plus souvent en quelques semaines ou mois.
  • Certains HPV à haut risque peuvent provoquer des cancers de l’anus, du pénis ou de la gorge ; il n’existe pas de dépistage de ces cancers, contrairement au col de l’utérus chez la femme.
  • La vaccination est recommandée pour les garçons de 11 à 14 ans révolus, avec un rattrapage de 15 à 26 ans révolus pour les personnes non encore vaccinées.

Le papillomavirus chez l’homme donne-t-il des symptômes ?

Le plus souvent non : l’infection par le papillomavirus n’occasionne ni écoulement, ni douleur, ni rougeur, et la personne contaminée ne se plaint de rien. La majorité des personnes contaminées éliminent d’ailleurs spontanément le virus sans jamais développer de signes.

Chez certains hommes, le virus provoque des condylomes, de petites verrues situées sur la verge, le scrotum, l’anus et la peau autour de ces zones. Ils apparaissent entre une et huit semaines après le rapport contaminant, et le diagnostic est posé lors de l’examen médical. Ils sont dus à des génotypes précis du virus, les types 6 et 11, qui provoquent des proliférations bénignes mais inesthétiques.

D’autres virus, dits à haut risque, sont en cause dans les cancers. Les papillomavirus modifient en effet le développement et la croissance des cellules en quelques années, et conduisent à des lésions précancéreuses qui surviennent, chez l’homme, sur le pénis et au niveau de l’anus.

Comment le papillomavirus se transmet-il à un homme ?

Le papillomavirus se transmet quasiment exclusivement par contact sexuel, avec ou sans pénétration, quelle que soit la sexualité : hétérosexuelle, homosexuelle, bisexuelle ou transgenre. Il s’agit de l’infection sexuellement transmissible la plus fréquente.

Les infections se contractent généralement au tout début de la vie sexuelle, et 60 % des primo-infections ont lieu dans les cinq ans qui suivent le premier rapport. Il existe près de 200 types de HPV, dont 12 sont cancérogènes. Dans environ 10 % des cas, les virus persistent au lieu de disparaître, et c’est cette persistance qui expose, des années plus tard, à des lésions précancéreuses.

Quels cancers le papillomavirus peut-il provoquer chez l’homme ?

Chez l’homme, les HPV à haut risque sont associés aux cancers de l’anus, du pénis et de la sphère ORL (gorge, amygdales, langue). Les papillomavirus à haut risque seraient responsables de 85 % des cancers de l’anus.

Chaque année en France, 7 130 nouveaux cas de cancers sont causés par les HPV, selon l’Institut national du cancer, et près de 30 % de ces cancers surviennent chez les hommes. Le sujet ne se limite donc pas aux femmes.

Pour le col de l’utérus, un dépistage existe : le frottis ou le test HPV, avec un programme national organisé depuis 2018. Rien d’équivalent n’existe pour les lésions précancéreuses et les cancers de l’anus et du pénis, et c’est l’un des arguments de la vaccination.

Peut-on se faire dépister et soigner du papillomavirus quand on est un homme ?

Il n’existe pas de dépistage du papillomavirus pour l’homme : les lésions précancéreuses et les cancers de l’anus et du pénis ne font l’objet d’aucun dépistage organisé. Le frottis, lui, concerne uniquement le col de l’utérus. Si des verrues apparaissent, c’est l’examen médical qui pose le diagnostic de condylomes.

Les condylomes se traitent localement. L’Assurance Maladie indique que les lésions peuvent être brûlées par l’azote, par électrocoagulation ou au laser, ou recevoir des substances chimiques appliquées sur la peau (podophyllotoxine, imiquimod), une prise en charge chirurgicale étant aussi possible. Les autres infections sexuellement transmissibles, elles, se recherchent par des examens : voir la chlamydiose et la gonorrhée.

Les garçons peuvent-ils se faire vacciner contre le papillomavirus, et jusqu’à quel âge ?

Oui : la vaccination contre les HPV est recommandée pour les filles et pour les garçons de 11 à 14 ans révolus, et en rattrapage pour les personnes des deux sexes de 15 à 26 ans révolus non encore vaccinées. Le vaccin recommandé est le nonavalent, Gardasil 9, qui protège contre neuf types de virus. Il est d’autant plus efficace que la personne n’a pas encore été exposée au virus.

Le schéma dépend de l’âge : deux injections espacées de 6 à 13 mois entre 11 et 14 ans révolus ; trois injections de 15 à 26 ans révolus, la deuxième deux mois après la première et la troisième six mois après la première. Un schéma incomplet peut être complété. Le vaccin protège contre les infections dues aux HPV qui sont en cause dans 80 % des cancers de l’anus et dans 90 % des verrues anogénitales. La protection conférée par le vaccin est optimale lorsqu’il est administré tôt.

La couverture reste faible : en 2024, 24,5 % des jeunes garçons avaient reçu un schéma vaccinal complet, contre 15,8 % en 2023 et 48 % des jeunes filles, loin de l’objectif de 80 % fixé pour 2030.

Que faire selon sa situation ?

La conduite dépend de ce qui est observé, de l’âge et du statut vaccinal ; le tableau résume ce que décrivent les sources de santé publique, sans se substituer à l’avis d’un médecin.

SituationCe que disent les sources
Verrues ou petites excroissances sur le pénis, le scrotum ou l’anusLe diagnostic de condylomes est posé à l’examen médical ; traitement local (azote, laser, électrocoagulation, crèmes)
Aucun symptômePas de dépistage organisé chez l’homme ; la prévention repose sur la vaccination, le préservatif n’offrant qu’une protection imparfaite
Garçon de 11 à 14 ans révolusVaccination recommandée, 2 injections espacées de 6 à 13 mois
Jeune homme de 15 à 26 ans révolus non vaccinéRattrapage recommandé, 3 injections (à 0, 2 et 6 mois)

Questions fréquentes

Le papillomavirus disparaît-il tout seul chez l’homme ?

Le plus souvent, l’infection guérit en quelques semaines ou mois, sans traitement. Dans environ 10 % des cas, les virus peuvent persister, et c’est la persistance d’un virus à haut risque qui peut conduire à des lésions précancéreuses au bout de plusieurs années.

Le préservatif protège-t-il du papillomavirus ?

Il protège imparfaitement, car il ne couvre pas l’intégralité des parties génitales. Seule la vaccination des jeunes filles et des garçons protège contre le HPV.

Un homme sans verrue peut-il transmettre le virus ?

Oui, car l’infection ne donne souvent aucun signe : après la contamination, la personne ne ressent ni douleur, ni écoulement, ni rougeur, et le virus se transmet lors des rapports sexuels, avec ou sans pénétration.

Le vaccin contre le papillomavirus est-il sûr ?

Plus de 300 millions de doses ont été prescrites dans le monde depuis plus de 15 ans et les surveillances ont confirmé un excellent profil de sécurité reconnu par l’OMS ; aucun lien avec les maladies auto-immunes n’a été démontré. Les effets indésirables rapportés après la vaccination sont peu fréquents : douleur au point d’injection, rougeur, maux de tête, fatigue, nausées, parfois un malaise bref.

Le vaccin est-il remboursé pour un garçon ?

Le vaccin est remboursé à 65 % sur prescription médicale, les organismes complémentaires complétant habituellement le reste. Il est gratuit lorsqu’il est fait au collège, où il est proposé aux filles et aux garçons de 11 à 14 ans scolarisés en classe de 5e, et dans certains centres de vaccination.

Sources

Sources consultées le 26 octobre 2026, présentées sans liens cliquables.

  • Assurance Maladie, « Maladies et infections sexuellement transmissibles », ameli.fr, mise à jour du 12 janvier 2026. https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/mst-ist/maladies-infections-sexuellement-transmissibles
  • Assurance Maladie, « Symptômes, diagnostic et évolution des IST », ameli.fr, mise à jour du 2 décembre 2025. https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/mst-ist/symptomes-diagnostic-evolution
  • Assurance Maladie, « Traitement des IST », ameli.fr, mise à jour du 2 septembre 2025. https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/mst-ist/traitement
  • Assurance Maladie, « Les vaccins recommandés », ameli.fr, mise à jour du 22 mai 2026. https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/vaccination/vaccins-recommandes
  • Institut national du cancer, « Les arguments clés sur la vaccination contre les cancers liés aux papillomavirus humains (HPV) », cancer.fr, mis à jour le 3 mars 2026. https://www.cancer.fr/toute-l-information-sur-les-cancers/le-point-sur/arguments-cles-sur-la-vaccination-contre-les-cancers-hpv

Cet article informe et ne remplace pas l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien.

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