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Colpofix : efficacité et durée du traitement

26 octobre 20267 min de lecturePar la rédaction

Salle d’examen gynécologique vide avec un colposcope sur son support

Entre un frottis qui sort de la norme et le rendez-vous de colposcopie, l’attente paraît longue, et un gel en spray vendu en pharmacie attire beaucoup de recherches : Colpofix. Ce produit revendique un rôle auprès des altérations du col de l’utérus liées au papillomavirus. Son statut, son schéma d’utilisation et les données disponibles sur son effet se lisent sur sa fiche, dans une étude récente et dans les référentiels de suivi des anomalies du col, qui ne l’intègrent pas.

En bref

  • L’efficacité de Colpofix n’est pas établie par un essai randomisé publié : la seule étude lue, observationnelle (Drugs in Context, 2026), financée par la société Uriach, trouve un test HPV négatif à 6 mois chez 50,1 % des femmes traitées contre 24,0 % des femmes simplement surveillées.
  • Colpofix est un dispositif médical en gel vaginal ; sa fiche indique 1 application par jour (5 pulvérisations, le soir), une boîte couvrant 10 jours, et un renouvellement « en fonction des recommandations de votre médecin », sans durée totale fixée.
  • Les recommandations françaises après un test HPV positif ou un frottis anormal reposent sur la cytologie, la colposcopie et des tests de contrôle, sans gel vaginal dans leur texte.
  • Un résultat anormal se discute avec le médecin ou le gynécologue, qui décide des examens ; la vaccination contre les HPV est recommandée à 11-14 ans, avec un rattrapage.

Qu’est-ce que Colpofix et que contient-il ?

Colpofix est un gel vaginal en spray, présenté comme un dispositif médical, destiné à la zone de transformation du col de l’utérus en cas d’altérations dues au papillomavirus humain (HPV). Une fiche produit de pharmacie reprenant la notice l’indique comme « traitement utile au maintien des conditions physiologiques de la zone de transformation cervico-vaginale en cas d’altérations dues au HPV ».

La composition indiquée est : eau, sorbitol, carboxyméthyl-bêta-glucane, polymère acrylique réticulé (polycarbophile), imidazolidinylurée et déhydroacétate de sodium. Le fabricant annonce que le gel forme, grâce à ses propriétés muco-adhésives, un film protecteur qui empêche l’action des agents microbiens externes et évite l’écoulement du produit, et qu’il aide à maintenir un pH favorable au microbiote vaginal. Ce sont des allégations du fabricant, non un résultat démontré chez les patientes.

Combien de temps dure un traitement par Colpofix ?

La fiche de Colpofix ne fixe pas de durée totale : elle indique 1 application par jour, le soir avant de se coucher, à raison de 5 pulvérisations, une boîte correspondant à 10 jours d’utilisation, et un renouvellement « en fonction des recommandations de votre médecin ». Les schémas utilisés dans les études diffèrent, comme le montre le tableau.

SourceSchéma décrit
Fiche produit reprenant la notice1 application par jour (5 pulvérisations, le soir) ; 1 boîte = 10 jours ; renouvellement selon le médecin
Étude observationnelle publiée en 20261 application par jour pendant 3 mois, évaluation à 6 mois
Essais randomisés enregistrés (GLUCANCIN et un essai sur la clairance du HPV)1 application par jour pendant 20 jours, pause de 10 jours, trois cycles

Ces schémas ne sont pas des consignes d’utilisation : la durée qui convient se décide avec le médecin ou le gynécologue qui suit l’anomalie du col.

Colpofix est-il efficace contre le HPV ?

Aucun essai randomisé publié ne démontre l’efficacité de Colpofix ; les données disponibles viennent d’une étude observationnelle de 2026 qui ne permet pas d’affirmer un effet du gel. Menée dans 21 centres espagnols par Pingarrón Santofimia et ses collègues, elle a analysé 533 femmes de 25 à 65 ans ayant un test HPV à haut risque positif et une cytologie normale, ASC-US ou lésion de bas grade : 426 ont utilisé le gel et 107 ont été simplement surveillées.

À 6 mois, le test HPV à haut risque était négatif chez 50,1 % des femmes traitées contre 24,0 % des femmes surveillées. Aucun effet indésirable lié au gel n’est rapporté. Ses limites : l’étude n’est pas randomisée, le groupe témoin n’a reçu aucun produit, les deux groupes différaient par l’âge (38,6 ans contre 34,5 ans en moyenne), le suivi s’arrête à 6 mois, et l’étude a été financée par Uriach, qui finance aussi les essais randomisés enregistrés sur ce gel.

Le groupe témoin montre un point essentiel : un quart des femmes surveillées ont un test négatif à 6 mois sans traitement. La HAS indique que, dans la majorité des cas, les infections à HPV sont asymptomatiques et deviennent rapidement indétectables, environ 90 % n’étant plus détectables après 2 ans. Chez les femmes traitées, la part de cytologies normales est passée de 38,5 % à 72,6 %, sans différence significative avec le groupe témoin.

Deux essais randomisés sur le gel, l’un sur la régression des lésions de bas grade du col (200 participantes prévues), l’autre sur la clairance du HPV, sont enregistrés sur ClinicalTrials.gov. Leur statut y est « inconnu », leur fin était prévue en 2023 et aucun résultat n’y est déposé.

Que recommandent les autorités après un test HPV positif ou un frottis anormal ?

Après un test HPV positif ou un frottis anormal, les recommandations françaises prévoient une cytologie, une colposcopie et des tests de contrôle, et le traitement des lésions de haut grade par résection du col. Le consensus d’experts de 2025, qui actualise les recommandations de 2016, précise la marche à suivre pour les 30-65 ans.

SituationPrise en charge décrite
Test HPV de dépistage négatif (30 à 65 ans)Nouveau test HPV 5 ans plus tard
Test HPV positifCytologie réflexe, puis colposcopie à la moindre anomalie cytologique, dès le seuil ASC-US
Cytologie normale après un test HPV positifTest HPV de contrôle un an plus tard, colposcopie s’il est de nouveau positif
Colposcopie normale, jonction vueTest HPV de contrôle un an plus tard
Lésion de bas grade confirmée sur le prélèvementContrôle à 12 mois, par test HPV à partir de 30 ans
Lésion de haut grade confirméeÉlectro-résection à l’anse diathermique sous contrôle colposcopique ; surveillance sans traitement possible seulement avant 30 ans, lésion peu étendue, suivi tous les 6 mois pendant 2 ans au maximum

Pour les 25-29 ans, le dépistage reste la cytologie tous les 3 ans après deux examens normaux à un an d’intervalle. La colposcopie, qui examine le col et le vagin, est décrite comme la pierre angulaire du diagnostic et du traitement des précurseurs du cancer du col. Le texte du consensus de 2025 et celui des recommandations de 2016 ne citent aucun gel vaginal parmi les conduites à tenir.

Quand consulter et comment se protéger du HPV ?

Un frottis ou un test HPV anormal se discute avec le médecin traitant ou le gynécologue, qui décide de la colposcopie et du rythme des contrôles. Le suivi décrit ci-dessus s’applique quel que soit le produit utilisé en parallèle, et la fiche de Colpofix renvoie elle-même aux recommandations du médecin pour le renouvellement.

Le dépistage organisé et la vaccination sont les deux outils de prévention recommandés. En France, la vaccination contre les HPV est recommandée pour les filles et les garçons de 11 à 14 ans, avec un rattrapage possible jusqu’à 19 ans révolus. En avril 2025, la HAS a proposé au ministère de la Santé d’élargir ce rattrapage à tous les jeunes adultes jusqu’à 26 ans révolus, tout en rappelant que la priorité reste les 11-14 ans.

Questions fréquentes

Colpofix ou Papilocare : existe-t-il une comparaison ?

Aucune étude comparant directement les deux produits n’a été trouvée. Leurs compositions diffèrent : d’après le registre d’essais, Papilocare est un dispositif médical de classe IIa dont les ingrédients incluent notamment le carboxyméthyl-bêta-glucane, Coriolus versicolor, l’extrait de neem, la centella et l’aloe vera, alors que Colpofix associe le carboxyméthyl-bêta-glucane au polycarbophile. Le choix relève du médecin.

Une infection HPV disparaît-elle sans traitement ?

Le plus souvent, oui : la plupart de ces infections sont asymptomatiques et environ 90 % ne sont plus détectables après 2 ans. Une infection qui persiste est un facteur de risque nécessaire du cancer du col, mais pas suffisant, d’où l’intérêt du suivi.

Un test HPV positif veut-il dire cancer ?

Non. Le test HPV recherche les virus à haut risque associés à la possibilité de lésions, il ne détecte pas un cancer. Le cancer du col se caractérise par une évolution lente et par l’existence de lésions précancéreuses curables.

La vaccination garde-t-elle un intérêt après une infection ?

Pour les 16-26 ans, les études sur le vaccin Gardasil 9 montrent une efficacité contre les lésions précancéreuses de haut grade et les verrues génitales, y compris chez des personnes préalablement infectées. Le niveau de protection est toutefois moins bon que dans la population du même âge jamais infectée avant la vaccination. La décision se prend avec un médecin.

Le suivi est-il différent pour une femme vaccinée ?

Non. Dans l’état actuel des connaissances, la conduite à tenir pour le dépistage des femmes de 25 à 65 ans est la même pour les femmes vaccinées ou non contre les HPV.

Sources

Sources consultées le 26 octobre 2026, présentées sans liens cliquables.

  • Pingarrón Santofimia C. et al., « Local carboxymethyl β-glucan and polycarbophil in women positive for human papillomavirus: a prospective observational study », Drugs in Context, 2026. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC13585142
  • ClinicalTrials.gov, essais NCT04771546 (GLUCANCIN), NCT04781023, NCT06199128 et NCT04210336 (fiches de registre). https://clinicaltrials.gov/study/NCT04771546
  • Brun J.-L. et al., « Conduite à tenir devant une femme ayant une cytologie cervico-utérine anormale : actualisation des recommandations INCa après la mise en place du dépistage par le test HPV », Gynécologie Obstétrique Fertilité & Sénologie, 2025 (CNGOF). https://cngof.fr/app/uploads/2025/11/Reco20depistage20col20GOFS202025.pdf
  • Institut national du cancer, « Conduite à tenir devant une femme ayant une cytologie cervico-utérine anormale », recommandations et référentiels, décembre 2016. https://www.cancer.fr/Media/files/conduite-a-tenir-devant-une-femme-ayant-une-cytologie-cervico-uterine-anormale-criteres-de-qualite-des-tests-realises-decembre-2016
  • Haute Autorité de santé, « Évaluation de la recherche des papillomavirus humains (HPV) en dépistage primaire des lésions précancéreuses et cancéreuses du col de l’utérus », synthèse, juillet 2019. https://www.has-sante.fr/jcms/p_3067838/fr/synthese-hpv
  • Haute Autorité de santé, « Vaccination contre les papillomavirus : élargissement de la cohorte de rattrapage vaccinal chez les hommes et les femmes jusqu’à 26 ans révolus », recommandation vaccinale, 13 mai 2025. https://www.has-sante.fr/jcms/p_3605114/fr/vaccination-contre-les-papillomavirus-elargissement-de-la-cohorte-de-rattrapage-vaccinal-chez-les-hommes-et-les-femmes-jusqu-a-26-ans-revolus
  • Fiche produit Colpofix gel vaginal en spray (description, composition, mode d’emploi reprenant la notice), Pharmacie Lafayette et Atida. https://www.pharmacielafayette.com/enseigne/colpofix-gel-vaginal-en-spray-de-10-x-20-ml

Cet article informe et ne remplace pas l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien.

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