Ferritine à 400 : que signifie ce résultat ?

On associe la ferritine à la fatigue et au manque de fer, si bien qu’un résultat trop haut déconcerte. Une ferritine à 400 se situe pourtant au-dessus des limites que retiennent les laboratoires, et elle intrigue d’autant plus que cette protéine ne fait pas que stocker le fer : elle réagit aussi à l’inflammation, à l’alcool ou à une souffrance du foie. Un chiffre isolé, sans les autres lignes du bilan, ne permet de désigner aucune cause.
En bref
- Une ferritine à 400 µg/l (soit 400 ng/ml) dépasse le seuil d’hyperferritinémie, fixé au-delà de 300 µg/l chez l’homme et de 200 µg/l chez la femme, mais elle ne prouve pas à elle seule une surcharge en fer.
- Les causes les plus fréquentes sont le syndrome métabolique, l’alcool, une inflammation et une atteinte du foie ; l’hémochromatose est plus rare, et le coefficient de saturation de la transferrine permet de la dépister.
- Le médecin confirme le résultat sur un second bilan et prescrit des examens simples (saturation de la transferrine, glycémie, bilan du foie, CRP) avant d’envisager une IRM du foie.
- Les valeurs varient selon le laboratoire et selon le sexe : seul le médecin peut interpréter le résultat.
Que mesure la ferritine, et pourquoi peut-elle monter ?
La ferritine est la protéine qui met le fer en réserve dans l’organisme ; sa concentration dans le sang reflète donc habituellement les stocks de fer disponibles. Dans trois situations, elle cesse pourtant d’en être le reflet fidèle : lors d’une inflammation (c’est une protéine de la phase aiguë), lors d’une destruction de cellules du foie ou du muscle, et en présence de certaines tumeurs.
Une hyperferritinémie ne s’interprète pas isolément : elle suppose d’autres paramètres du bilan du fer.
Quelles sont les valeurs de référence de la ferritine ?
À titre indicatif, un laboratoire donne en 2012 des valeurs de 20 à 200 µg/l chez l’homme adulte, de 10 à 125 µg/l chez la femme avant la ménopause et de 20 à 200 µg/l après la ménopause. Elles varient selon le laboratoire et la méthode, et les bornes de votre compte rendu font foi.
| Profil | Fourchette indicative | Seuil d’hyperferritinémie |
|---|---|---|
| Homme adulte | 20 à 200 µg/l | Au-delà de 300 µg/l |
| Femme avant la ménopause | 10 à 125 µg/l | Au-delà de 200 µg/l |
| Femme après la ménopause | 20 à 200 µg/l | Au-delà de 200 µg/l |
Le microgramme par litre et le nanogramme par millilitre expriment la même concentration : 400 ng/ml équivalent à 400 µg/l. À 400, le résultat dépasse donc le seuil dans les deux sexes. La valeur clinique d’une hyperferritinémie est plus nette au-delà de 450 à 500 µg/l, et une valeur supérieure à 1 000 µg/l, restée inexpliquée, conduit à envisager une IRM du foie.
Quelles sont les causes possibles d’une ferritine à 400 ?
Le syndrome métabolique est la première cause de consultation pour une ferritine élevée ; l’alcool, l’inflammation et les maladies du foie sont d’autres causes fréquentes, et l’hémochromatose génétique ne concerne qu’une minorité de cas. Les sources distinguent trois mécanismes : une vraie surcharge en fer, une ferritine haute sans surcharge (inflammation, hyperthyroïdie, alcool), et une libération de ferritine par des cellules détruites (hépatites, hémolyses, atteintes du muscle).
| Cause | Ferritine habituelle | Autres anomalies associées | Examen |
|---|---|---|---|
| Inflammation, infection | Souvent inférieure à 500 µg/l | Fer sérique et saturation de la transferrine diminués | CRP, vitesse de sédimentation |
| Syndrome métabolique | Environ 450 à 1 000 µg/l selon les sources | Saturation normale ; tension élevée, diabète, anomalies du cholestérol | Glycémie, triglycérides, HDL, tour de taille |
| Alcool | Parfois supérieure à 1 000 µg/l | Fer sérique élevé une fois sur deux | Bilan du foie |
| Atteinte du foie (hépatite) | Variable | Légère hausse du fer sérique et de la saturation | Transaminases |
| Atteinte du muscle | Variable | CPK élevées | Dosage des CPK |
| Hémochromatose génétique | Souvent supérieure à 1 000 µg/l | Saturation supérieure à 45 %, souvent à 80 % | Test HFE, IRM du foie |
| Hyperthyroïdie, tumeurs | Élévation modérée | Selon la maladie | TSH, bilan ciblé |
Une même personne cumule fréquemment plusieurs causes, par exemple une surcharge pondérale et une consommation d’alcool régulière. Pour les atteintes du muscle, l’article sur le CPK élevé et ses causes détaille ce dosage, qui fait partie du bilan initial d’une hyperferritinémie.
À quoi sert le coefficient de saturation de la transferrine ?
Le coefficient de saturation de la transferrine (CST) mesure la part du transporteur du fer qui est effectivement chargée en fer ; au-delà de 45 %, il oriente vers une hémochromatose génétique. Le dépistage de cette maladie repose sur le CST et non sur la ferritine, et la valeur doit être contrôlée deux fois, à jeun.
Si le CST dépasse 45 %, le médecin recherche la mutation C282Y du gène HFE par une prise de sang. Au-delà de 60 %, l’hémochromatose génétique est très probable, notamment chez l’homme, selon les spécialistes. Si le CST est normal et que la ferritine est haute, l’hypothèse d’une hyperferritinémie métabolique ou liée à l’alcool devient plus plausible, ce qui explique que le médecin ne s’arrête jamais à la ferritine.
L’hémochromatose génétique est une maladie de la régulation du fer : selon l’Inserm, la mutation à deux copies du gène HFE concerne environ une personne sur 300 dans les populations d’origine caucasienne, et seulement environ la moitié des hommes prédisposés développent une surcharge. Le traitement de référence est la saignée, avec pour objectif une ferritine inférieure à 50 µg/l.
Quels examens le médecin prescrit-il pour une ferritine élevée ?
Le médecin commence par confirmer le résultat sur un second bilan, à distance, puis recherche la cause. Le bilan initial comprend généralement :
- une numération formule sanguine ;
- le CST ;
- la glycémie à jeun, les triglycérides et le cholestérol HDL ;
- la CRP ou la vitesse de sédimentation ;
- les transaminases et les CPK ;
- l’haptoglobine et la TSH.
Si la ferritine reste très élevée sans explication, une IRM du foie mesure la quantité de fer qu’il contient. Les saignées sont réservées à l’hémochromatose génétique : dans l’hyperferritinémie liée au syndrome métabolique, des travaux récents n’ont montré aucun bénéfice. La prise en charge repose alors sur l’activité physique et l’alimentation de type méditerranéen, avec une baisse de ferritine attendue d’environ 10 %.
Sur l’alcool, Santé publique France rappelle depuis 2019 les repères à moindre risque : au maximum 10 verres par semaine, au maximum 2 verres par jour, avec des jours sans consommation, tout en précisant que le risque existe dès le premier verre quotidien.
Quand consulter pour une ferritine à 400 ?
Un résultat de ferritine à 400 se discute avec le médecin prescripteur, qui décide du contrôle et des examens. Le délai dépend du contexte : une ferritine qui monte d’un bilan à l’autre, un CST supérieur à 45 %, des transaminases élevées, un diabète ou des antécédents familiaux d’hémochromatose justifient un avis rapide. La recherche d’une cirrhose se pose dès une ferritine d’environ 1 000 µg/l ou des transaminases élevées.
Questions fréquentes
Une ferritine à 400 est-elle grave ?
Pas nécessairement : dans la majorité des cas, l’hyperferritinémie ne relève pas de l’hémochromatose. La gravité dépend de la cause, d’où l’intérêt du CST et du bilan du foie.
400 ng/ml et 400 µg/l, est-ce la même chose ?
Oui, les deux unités désignent la même concentration. Les comptes rendus français utilisent le plus souvent le µg/l.
La ferritine peut-elle être haute alors que le fer sérique est bas ?
Oui, c’est même typique d’une inflammation : la ferritine augmente alors que le fer sérique et la saturation de la transferrine diminuent, d’après la fiche d’un laboratoire d’analyses.
Un complément de fer peut-il fausser le résultat ?
Oui : les traitements par sels de fer augmentent la ferritinémie. Le médecin doit donc connaître tout ce que vous prenez avant d’interpréter le dosage.
La ferritine baisse-t-elle après l’arrêt de l’alcool ?
Oui, mais lentement : après l’arrêt d’une consommation chronique, elle baisse en deux à trois semaines selon un article médical de 2024, et se stabilise après environ trois mois d’abstinence selon un laboratoire d’analyses. Le médecin refait un dosage pour le vérifier.
Sources
Sources consultées le 26 octobre 2026, présentées sans liens cliquables.
- Marc Ruivard, Vidal, « Conduite à tenir devant une hyperferritinémie », 4 janvier 2024. https://www.vidal.fr/actualites/30542-conduite-a-tenir-devant-une-hyperferritinemie.html
- Biomnis (Eurofins), « Ferritine », Précis de biopathologie, 2012. https://www.eurofins-biomnis.com/referentiel/liendoc/precis/FERRITINE.pdf
- La Revue du Praticien, « Hyperferritinémie : comment s’orienter, quand traiter ». https://www.larevuedupraticien.fr/article/hyperferritinemie-comment-sorienter-quand-traiter
- Inserm, « Hémochromatose génétique », dossier d’information. https://www.inserm.fr/dossier/hemochromatose/
- Vidal, « Le diagnostic de l’hémochromatose ». https://www.vidal.fr/maladies/metabolisme-diabete/hemochromatose/diagnostic.html
- Santé publique France, « Alcool et santé : améliorer les connaissances et réduire les risques », 26 mars 2019. https://www.santepubliquefrance.fr/presse/alcool-et-sante-ameliorer-les-connaissances-et-reduire-les-risques
Cet article informe et ne remplace pas l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien.


